Isolation phonique et thermique : comment bien choisir ses matériaux pour en finir avec le bruit et les passoires thermiques ?
Sommaire
Isolation phonique et thermique, c’est la même chose
On ne peut améliorer l’isolation phonique et thermique qu’au moment de la construction
Toutes les pièces doivent être isolées pour de meilleures performances
Un logement neuf sera toujours mieux isolé qu’un logement ancien
Pour bien s’isoler du bruit, il suffit de changer ses fenêtres
Il est possible d’évaluer l’isolation phonique d’un logement
Certains matériaux sont efficaces pour l’isolation thermique et phonique
Seule l’isolation thermique permet de garantir de meilleures performances énergétiques
L’isolation, qu’elle soit phonique et thermique, joue un rôle indéniable sur le confort et le bien-être des occupants du logement. Faisons le point sur les affirmations vraies et fausses.
Isolation thermique et phonique, c’est la même chose
Non, bien qu’elles contribuent toutes les deux au confort et au bien-être des habitants. L’isolation phonique permet de réduire les nuisances sonores, alors que l’isolation thermique sert à réduire les déperditions de chaleur, elle assure une température intérieure confortable tout au long de l’année.
La RE2020 impose notamment de nouvelles exigences sur le volet thermique. Les seuils de consommations d’énergie primaire (Cep) sont abaissés d’environ 15 % à 20 % par rapport à la RT 2012. Le Cep max est de 75 kWhep/m²/an en maison individuelle et de 85 kWhep/m²/an en logement collectif.
L’isolation acoustique repose, quant à elle, sur trois grands principes :
• La loi de masse : plus un matériau est lourd, mieux il isole. À épaisseur égale, une paroi simple en béton isole mieux acoustiquement qu’une paroi en bois.
• La loi masse-ressort-masse : en intercalant un isolant (ou de l’air) entre deux parois, le bruit se réduit. Ainsi, les ondes sonores sont en partie réfléchies et absorbées par la première paroi, puis absorbées par le matériau « ressort » (isolant), et à nouveau amorties par la seconde paroi.
• La perméabilité à l’air : là où l’air passe, le bruit passe. Avec la RE2020, le débit de fuite d’air vers l’intérieur doit être en dessous de 0,6 mètre cube par mètre carré de paroi et par heure.
On ne peut améliorer l’isolation phonique et thermique qu’au moment de la construction
L’isolation phonique et thermique peut être aussi améliorée en rénovation. C’est le cas de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) et intérieur (ITI).
En rénovation, les atouts de l’ITE sont nombreux : réduction des déperditions de chaleur, optimisation de l'efficacité énergétique, protection supplémentaire à l’enveloppe du bâtiment, tout en préservant la surface habitable et la décoration intérieure.
Le bonus ? Des économies d’énergie considérables qui allègent la facture.
On retrouve les mêmes avantages avec le sarking qui consiste à isoler thermiquement le toit par l’extérieur (ITTE). On conserve les espaces existants, notamment la hauteur de plafond.
Quand on ne peut pas rénover par l’extérieur, car la façade est classée par exemple, ou qu’il y a un empiètement sur la voie publique, une isolation thermique par l’intérieur (ITI) s’avère être la bonne solution. De plus, cette solution permet de traiter l’isolement acoustique en la combinant avec d’autres travaux.
Toutes les pièces doivent être isolées pour de meilleures performances
Plus l’on isole, meilleures sont les performances phoniques et thermiques.
Pour l'ITE par exemple, il est recommandé de faire toute l’enveloppe du bâtiment pour homogénéiser et améliorer l’efficacité énergétique.
Pour l’isolation phonique, tout dépend du bruit. Si dans la cuisine, les bruits de vaisselle résonnent, une correction acoustique est nécessaire pour limiter la propagation des sons à l’intérieur de la pièce. Elle réduit ainsi la réverbération sonore par l’isolation des murs, du plafond ou du sol.
L’isolation phonique, elle, protège des bruits provenant de l’extérieur ou des pièces de l’autre côté des parois. Dans ce cas, une isolation partielle ou totale du logement est souhaitée.
Un logement neuf sera toujours mieux isolé qu’un logement ancien
Oui, c’est notamment dû aux exigences de la RE2020, entrée en vigueur en janvier 2022.
Mais, il est toujours possible d’améliorer les performances énergétiques et phoniques grâce à l'isolation thermique et acoustique du bâtiment, que ce soit par l’intérieur ou l’extérieur.
Pour bien s’isoler du bruit, il suffit de changer ses fenêtres
Bien que la qualité des fenêtres ait un impact direct sur l’isolation phonique, il ne suffit pas de les changer pour être bien isolé du bruit. Les nuisances sonores affectent directement la santé et le confort des occupants.
Il faut comprendre que deux types de bruit existent :
- le bruit aérien propagé par l’air ; ce bruit peut être intérieur comme la voix, la musique, la TV ou extérieur comme le klaxon des voitures, les voies ferrées, etc.
- le bruit solidien propagé par la structure du bâtiment comme les pas, le déplacement de meubles, les chocs, les machines, etc.
Pour être efficace, l’isolation phonique doit être traitée de manière globale : mur, sol, plafond.
L’isolation phonique est inutile en maison individuelle
Contrairement aux idées reçues, les nuisances sonores ne concernent pas que les logements collectifs. En maison individuelle, les bruits extérieurs, dits aériens, peuvent fortement impacter le confort de vie. De plus, certaines pièces telles que les chambres ou les bureaux méritent également une isolation phonique renforcée, même au sein d’un même foyer. Il est donc judicieux de traiter ces espaces pour préserver le calme au sein de la maison.
Il est possible d’évaluer l’isolation phonique d’un logement
Oui. L’indicateur à prendre en compte pour évaluer l’isolation acoustique dépend du bruit à affaiblir (origine, nature et parois par lesquelles provient le son).
• Pour les bruits aériens extérieurs et intérieurs, on utilise l’indice d’affaiblissement acoustique Rw. Il est exprimé en décibels (dB). Plus Rw est grand, plus la paroi isole.
• Pour les bruits d’impact (bruits de pas, meubles déplacés, chutes d’objets, etc.), on se sert de l’indice d’efficacité aux bruits de choc (Δ Lw). Exprimée en dB, plus la valeur Δ Lw est élevée, plus l’isolation phonique est performante.
• Pour la correction acoustique, on considère le coefficient d'absorption acoustique αw. Il est compris entre 0 et 1. Plus αw est proche de 1, plus le matériau absorbe l’onde sonore, et donc meilleure est la correction acoustique.
Certains matériaux sont efficaces pour l’isolation thermique et phonique
Oui, comme l’isolant thermo-acoustique en laine minérale (LM), le polystyrène expansé (PSE) ou le polyuréthane (PU), pour l’isolation sous chape d’un plancher en béton.
Certains matériaux sont aussi recommandés pour l’isolation acoustique, comme les isolants d’origine naturelle (coton recyclé, paille, ouate de cellulose, etc.), à l’instar des panneaux en laine de bois Knauf. De nombreuses solutions acoustiques existent en cloisons, murs, sols et plafonds (gamme Phonik).
L’idéal est de mixer une ITE pour renforcer les performances thermiques du bâtiment avec des matériaux d’aménagement intérieur pour l’isolation phonique.
Seule l’isolation thermique permet de garantir de meilleures performances énergétiques
Oui. L’isolation thermique crée une barrière contre les variations de température extérieures. Elle empêche les pertes de chaleur en hiver et limite les apports de chaleur en été.
Elle offre des économies d’énergie, un confort thermique aux habitants et améliore sensiblement la valeur du DPE (diagnostic de performance énergétique) du logement.
L’isolation phonique est une autre facette de la rénovation à prendre en compte pour améliorer le confort à l’intérieur du bâtiment, en limitant les nuisances sonores.
L'isolation thermique n'est utile qu'en hiver
Faux. L’isolation thermique agit dans les deux sens : elle empêche la chaleur de s’échapper en hiver, mais elle limite aussi les apports de chaleur en été. Un bâtiment bien isolé conserve ainsi une température intérieure stable, ce qui améliore le confort toute l’année, notamment en période de canicule. Avec le réchauffement climatique, ce rôle est d’autant plus stratégique.
Une bonne isolation thermique du bâtiment permet donc de retarder le recours au chauffage, comme à la climatisation. On parle alors de confort d’été, devenu un critère réglementaire majeur dans la RE2020.
L’isolation, qu’elle soit acoustique ou thermique, est un processus compliqué et coûteux
Si certains projets d’isolation acoustique ou thermique nécessitent une approche technique poussée, notamment dans le cadre de rénovations lourdes ou de configurations complexes, il existe aujourd’hui des solutions optimisées qui facilitent la mise en œuvre, tout en garantissant performance et durabilité (panneaux composites, ou complexes isolants prêts à poser par exemple). Par ailleurs, les aides financières disponibles peuvent permettre de réduire considérablement le coût des travaux (MaPrimeRénov’, CEE...). Avec un bon accompagnement et des choix adaptés au bâtiment, l’isolation, thermique ou phonique, devient un projet accessible et rentable.
L’isolation thermique permet de réaliser de belles économies
Vrai. Selon l’ADEME, une isolation thermique bien conçue peut permettre de réduire les besoins en chauffage de 25 à 30 %, ce qui représente une économie considérable sur la facture énergétique annuelle. Les économies réalisées varieront selon la qualité de l’isolation thermique, le type d’énergie utilisée et la rigueur du climat local. D’autre part et à long terme, l’isolation peut également permettre d’augmenter la valeur du bâtiment et d’améliorer son classement DPE. L’investissement est donc souvent rentabilisé en quelques années, surtout s’il est complété par d’autres travaux d’optimisation énergétique (ventilation, étanchéité à l’air, remplacement des menuiseries…).
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